Fondé par l’Alliance Française de Bologne le Prix Arcades de littérature francophone est un prix, unique en son genre, destiné à récompenser un auteur de langue française qui aura publié son ouvrage dans l’année en cours. Son nom fait référence aux arcades de Bologne, classées au patrimoine UNESCO, lieu de rencontre, de conversation, de socialisation.
Chaque mois, un ouvrage au sein de l’actualité littéraire française, sera sélectionné par la présidente du Jury. L’ouvrage choisi devra respecter les valeurs humaines et morales françaises, tout en valorisant le patrimoine artistique, historique ou social passé et contemporain.
Un exemplaire du livre choisi sera distribué aux membres du jury et un autre sera versé au fond pérenne de la bibliothèque de l’Alliance Française de Bologne et mis à disposition pour les membres de l’Association.
Le livre sélectionné sera présenté à travers une fiche rédigée par la coordinatrice et présidente du jury ; la fiche sera publiée sur le site et dans la newsletter de l’Alliance Française de Bologne, ainsi que sur les réseaux sociaux de Bologne Accueil, afin de faire participer les adhérents, les sympathisants de l’Alliance et la Communauté française au projet et promouvoir la lecture de l’œuvre en question.
En 2026 se tiendra la cérémonie de remise du Prix en présence de l’auteur qui sera invité à Bologne pour participer à une rencontre débat avec le public francophone et francophile.
La présence de l’auteur donnera la possibilité au public d’intervenir et de connaitre l’écrivain.e. Une série de lectures à haute voix d’extraits de l’ouvrage récompensé, sera organisée à cette occasion avec la participation de jeunes lecteurs et lectrices des lycées.
Le jury sera composé de 3 personnes et de la présidente de jury qui coordonne et sélectionne les ouvrages pour un total des voix impair afin d’exclure les finalistes ex aequo.
Des personnalités locales, liées au monde littéraire ont accepté de faire partie du jury :
– M. Lorenzo Flabbi, critique littéraire, éditeur et traducteur, en 2018 il a reçu le Prix Stendhal pour la traduction du roman de Annie Ernaux Memoria di ragazza.
– Mme Maria Chiara Gnocchi professeure de Langue et Littérature française à l’Université de Bologne, coordinatrice du Master en Littératures modernes, comparées et poscolonniales et directrice de la revue “Francofonia. Studi e ricerche sulle letterature di lingua francese”.
– M. Valerio Varesi, journaliste et écrivain.
– Mme Valérie Lacroix, professeure de langue française, fondatrice du prix, coordinatrice et présidente du jury.
Avec le soutien de la maison Laurent Perrier
Une copie de chaque livre sélectionné est disponible pour l’emprunt auprès du secrétariat
de l’Alliance Française de Bologne.
Pour le réserver, écrivez un mail à: eventi@afbologna.it
Venite a scoprire i libri selezionati per il Prix Arcades.
A cura di Julia Tissot e Valérie Lacroix. Riservato ai soci Alliance Française di Bologna. E’ gradita la prenotazione: eventi@afbologna.it
Cadre Noir, de Alix de Saint-André a été publié aux éditions Gallimard.
Le titre claque avec la sécheresse d’un coup de cravache dans l’air immobile, mais l’écho qu’il renvoie est celui d’une France qui s’éloigne : celle de 1972, productiviste, transformatrice, pressée. Dans ce récit, l’autrice part à la recherche de son père, le colonel Jean de Saint-André. Écuyer en chef du Cadre noir de Saumur, cet homme de panache fut brutalement « remercié ». Un mot cruel, une gratitude feinte dissimulant une exécution sociale et marquant la fin d’un monde. Nous sommes au cœur des années Pompidou, à l’heure où l’on décide, entre deux dossiers, que Saumur doit quitter le giron de l’Armée pour devenir l’École nationale d’équitation. Une époque qui modernisait les traditions comme on change de voiture, sacrifiant la cavalerie sur l’autel du sport. On y croisera Sa Majesté la Reine Élisabeth II, André Malraux, Léon Zitrone, et de nombreux acteurs d’un monde désormais disparu, à la manière d’une enquête journalistique. Alix fouille les archives comme on relit de vieilles lettres de rupture, avec une précision douloureuse. Elle y découvre comment le « Cadre » est devenu un carcan : C’est l’étau administratif qui brise un homme refusant de voir l’autorité équestre s’incliner devant les bureaux du ministère des Sports. Elle revient sur ce 18 novembre 1972 où, par ultime panache, son père refusa de paraître devant ceux qui l’avaient évincé. C’est une histoire de chagrin cadencé. L’autrice ne raconte pas une chute, elle dissèque l’humiliation d’un homme qui savait dompter les chevaux, mais fut terrassé par la petite encre d’une intrigue politique. C’est un livre de réparation — au sens où l’on restaure une sellerie usée, mais aussi au sens où l’on rend justice. Tout a été emporté, soit. Mais le verbe, lui, reste là : il fait front. L’écrivaine excelle dans l’art de la « reprise », ce terme qui unit le deuil, la cavalerie et la couture. Avec un style tout à elle, tendre et infusé d’humour, un peu gavroche, un peu haute école, celle qui se définit comme une piètre cavalière mais une excellente palefrenière écrit comme on monte : pour honorer une exigence belliqueuse, une sensibilité au chant des oiseaux, aux « petites bêtises », aux chansons légères, aux « Estrangers » et aux langues étrangères, au panache. En avant, calme et droite.
Valérie Lacroix
Hors champ, de Marie-Hélène Lafon a été publié aux éditions Buchet-Chastel.
On n’entre pas dans Hors champ par les yeux. L’expérience tient d’une synesthésie où la lecture s’éprouve par les sens, dans le passage organique de la page à la peau. Par la morsure du silence, par une acoustique minérale, lire Marie-Hélène Lafon, c’est se frotter à la physiologie du verbe. Le mot n’est jamais un ornement ; il est un organe, une extension nerveuse de cette terre du Cantal. L’écriture possède ce don rare de sacraliser l’infime, transmuant l’argile des lignées en un or liturgique pour faire du paysan une figure hiératique.
L’œuvre se fragmente en dix tableaux comme autant de repentirs de la mémoire, depuis l’enfance jusqu’au seuil de la maturité. L’autrice y procède en peintre : elle ne raconte pas, elle compose. À la manière de son travail sur Cézanne, elle cherche la structure sous la lumière, mais y injecte une clarté à la Vermeer. Cette lumière latérale tombe sur un geste suspendu — verser le lait, fixer l’horizon — et métamorphose l’acte banal en une liturgie du minuscule. La progression se fait par scansions, dans les marges et le hors-champ, déployant une mélancolie souveraine qui offre une stature mythique à ces vaincus de la modernité.
C’est dans ce clair-obscur que se joue le destin de Gill et Claire, deux solitudes aimantées par le même centre de gravité. Unis par une géométrie des présences, ils incarnent une sédimentation patiente du temps. Si Gill est la roche, Claire est l’onde ; elle est celle qui s’émancipe par le verbe et l’exil urbain, avant le retour incessant à la source aveugle de l’origine. En elle, la filiation s’exprime dans la tension permanente entre la langue apprise — celle de la précision chirurgicale — et la langue du ventre, ce français viscéral et rocailleux qui la rappelle à la terre.
On ne s’arrache pas à sa lignée ; on la porte en soi comme une archive invisible, un vestiaire de l’enfance. Marie-Hélène Lafon ne cherche pas la délivrance, mais la trace. Ici, l’ombre qui s’étire n’est pas tant celle de l’âge que celle d’un monde dont ils sont les derniers dépositaires. . Les vents tournent sur une paysannerie qui s’éteint, abandonnant des gestes orphelins sur le seuil des maisons vides, tandis que les silences des ancêtres se recueillent comme des éclats de verre après la fête, débris tranchants qui finissent par dessiner l’architecture de l’âme.
Hors champ s’impose ainsi comme un acte de résistance : une main posée sur le monde qui s’en va pour en retenir la chaleur, nommer l’ombre et fixer à jamais ce qui reste.
Valérie Lacroix
Je voulais vivre, de Adélaïde de Clermont-Tonnerre a été publié aux éditions Grasset.
L’Hospitalité du bannissement : le spectre de Milady refuse de mourir.
Une devise, « Un pour tous, tous pour un ! », vibrante, magique comme un souvenir d’enfance ; ce nom, Milady, flottant dans l’air telle une particule de poussière surprise dans un rai de lumière : on croyait le destin scellé sous le cuir des reliures anciennes. Pourtant, Adélaïde de Clermont-Tonnerre choisit de suspendre le cours de la légende. Elle appuie sur pause.
L’autrice s’avance dans les replis du Grand Siècle pour exhumer une silhouette que l’on pensait de marbre noir, mais qui saigne encore. Loin de l’automate du vice figé par Dumas, surgit une femme de chair, de boue et de volonté. Sous sa plume, Milady cesse d’être ce spectre de l’infamie condamné au mal ; elle devient une présence charnelle, maternelle, entêtée. Sur son épaule, la fleur de lys — stigmate ineffaçable — n’est plus la marque du crime mais le vestige d’une société qui marque ses proies au fer. On suit cette ascension vertigineuse, de la fange des abbayes jusqu’à l’or des antichambres, portée par une rage animale de rester debout.
Ici, point de jugement : l’autrice déplie. Elle révèle l’art de se forger un destin avec des lambeaux de survie. C’est le récit d’une insubordination, l’inventaire d’une vie refusant de s’éteindre sous l’œil des juges. Clermont-Tonnerre découd la doublure de la fiction pour atteindre la femme — celle qui surgit du néant, de l’enfance défaite, et se bâtit une armature pour ne pas s’effondrer. On y perçoit le froissement des soies, l’âpreté des cachots, le silence sépulcral des couvents. C’est le siècle de Richelieu, entrevu par l’embrasure d’une porte dérobée.
Il émane de ces pages une attention bouleversante à la solitude du survivant. Le secret de Milady y devient un espace de liberté inviolable. L’écrivaine redonne à cette figure mythique sa part d’ombre, non comme une preuve de noirceur, mais comme un ultime refuge. Elle nous rappelle que derrière chaque « monstre » se cache une blessure qui n’a pas trouvé de lieu pour s’énoncer.
En offrant à Milady cette seconde chance narrative, l’autrice pratique une forme d’hospitalité littéraire. Elle recueille le cri de la bannie pour nous interroger : que ferions-nous de notre propre existence si la loi des hommes nous avait marqués au fer rouge ? Un livre sur l’art de renaître et le courage de ne jamais se laisser définir par son effroi.
Valérie Lacroix
Nous devons Le buveur de brume à la merveilleuse collection Ma nuit au musée chez Stock.
Le pacte ? À la Schéhérazade . Offrir une nuit dans un musée en échange d’un texte. À Guillaume Gallienne, sociétaire de la Comédie Française, on offre de passer la nuit au Musée national de Tbilissi, sous le portrait de son arrière-grand-mère géorgienne, la princesse Mélita Tcholokachvili, il s’imagine alors déambuler au milieu du faste des chefs-d’œuvre d’Ilya Répine, d’icônes ancestrales, des ambulants, ces peintres Russes qui voulaient peindre l’âme de leur peuple à travers visages et paysages , et du trésor de la Toison d’or, pour écrit-il, mêler “l’histoire de ces tableaux à ma mythologie intime”. Mais patatras ! Une fois arrivé sur place, le tableau de l’aïeule a été déplacé à la Galerie nationale, à quelques encablures du musée. Un endroit désincarné et sans âme, gardé par trois vigiles mutiques, à mille lieues du décorum espéré. Un malentendu qui donne lieu à une colère enfantine et homérique, foudroyante et grandiose. Une colère atavique. Cette nuit au musée devient alors le prétexte pour revisiter son histoire et interroger cette colère et dérouler le fil de son histoire « Dans ce sang, il y a de la culture, de la curiosité, de la tenue et de la tendresse. Il y a du métissage, venu de contrées et de langues lointaines, il y a de l’exil, du courage, de la force. » Avec une écriture circulaire,faite de motifs, Guillaume Gallienne nous parle de la France, de Proust, de mémoire et de foi, de ce fil ténu et si puissant qui dit l’exil et la transmission. Il dit aussi le pas de côté, l’art de se réinventer. La liberté.
Valérie Lacroix
Alliance Française, apprendere e vivere la lingua francese
Resta aggiornato sulle nostre attività
| Cookie | Durata | Descrizione |
|---|---|---|
| cookielawinfo-checkbox-advertisement | 1 year | Set by the GDPR Cookie Consent plugin, this cookie is used to record the user consent for the cookies in the "Advertisement" category . |
| cookielawinfo-checkbox-analytics | 11 months | This cookie is set by GDPR Cookie Consent plugin. The cookie is used to store the user consent for the cookies in the category "Analytics". |
| cookielawinfo-checkbox-functional | 11 months | The cookie is set by GDPR cookie consent to record the user consent for the cookies in the category "Functional". |
| cookielawinfo-checkbox-necessary | 11 months | This cookie is set by GDPR Cookie Consent plugin. The cookies is used to store the user consent for the cookies in the category "Necessary". |
| cookielawinfo-checkbox-others | 11 months | This cookie is set by GDPR Cookie Consent plugin. The cookie is used to store the user consent for the cookies in the category "Other. |
| cookielawinfo-checkbox-performance | 11 months | This cookie is set by GDPR Cookie Consent plugin. The cookie is used to store the user consent for the cookies in the category "Performance". |
| CookieLawInfoConsent | 1 year | Records the default button state of the corresponding category & the status of CCPA. It works only in coordination with the primary cookie. |
| viewed_cookie_policy | 11 months | The cookie is set by the GDPR Cookie Consent plugin and is used to store whether or not user has consented to the use of cookies. It does not store any personal data. |
| Cookie | Durata | Descrizione |
|---|---|---|
| _gat | 1 minute | This cookie is installed by Google Universal Analytics to restrain request rate and thus limit the collection of data on high traffic sites. |
| Cookie | Durata | Descrizione |
|---|---|---|
| _ga | 2 years | The _ga cookie, installed by Google Analytics, calculates visitor, session and campaign data and also keeps track of site usage for the site's analytics report. The cookie stores information anonymously and assigns a randomly generated number to recognize unique visitors. |
| _gid | 1 day | Installed by Google Analytics, _gid cookie stores information on how visitors use a website, while also creating an analytics report of the website's performance. Some of the data that are collected include the number of visitors, their source, and the pages they visit anonymously. |
| CONSENT | 2 years | YouTube sets this cookie via embedded youtube-videos and registers anonymous statistical data. |
| Cookie | Durata | Descrizione |
|---|---|---|
| VISITOR_INFO1_LIVE | 5 months 27 days | A cookie set by YouTube to measure bandwidth that determines whether the user gets the new or old player interface. |
| YSC | session | YSC cookie is set by Youtube and is used to track the views of embedded videos on Youtube pages. |
| yt-remote-connected-devices | never | YouTube sets this cookie to store the video preferences of the user using embedded YouTube video. |
| yt-remote-device-id | never | YouTube sets this cookie to store the video preferences of the user using embedded YouTube video. |
| Cookie | Durata | Descrizione |
|---|---|---|
| cookietest | session | No description |